L’atelier de réalisation documentaire avec la pédagogie Varan, encadré pour la première fois par des anciens stagiaires Varan Vietnam, s’est déroulé de juin à septembre 2016 à Ho Chi Minh Ville sur 12 semaines.

Quatre anciens stagiaires formés dès 2004 par Varan et devenus aujourd’hui des cinéastes indépendants, ont pris la relève et encadré à leur tour des apprentis réalisateurs de films documentaires. Pour la formation à la réalisation : Thao Tran Phuong (« Rêves d’ouvrières », « Finding Phong ») et Tham Nguyen Thi (« Le dernier voyage de Mme Phung ») et pour l’encadrement des montages : Lê Minh Trinh (« Mon immeuble ») et Hao Pham Thi (« Les Apprentis »).

Les huit films présentent une nouvelle approche des réalités vietnamiennes et plus spécifiquement, du sud et d’Ho Chi Minh Ville, mégapole économique du Vietnam, où la guerre et la fracture entre le Nord et le Sud restent présentes dans les mémoires.

Les huit stagiaires (5 filles et 3 garçons) ont entre 20 et 30 ans, avec des profils différents : traduction, journalisme, ONG, études de cinéma ou de management et médias. Certains d’entre eux, après l’atelier, ont décidé de quitter leur travail et de persévérer dans le cinéma documentaire, l’une travaille actuellement sur un tournage, un autre dans une société de post-production, une autre encore comme cadreuse et prépare son projet de film…

 

Six grandes projections publiques des films sous-titrés en anglais ont eu lieu à l’automne. A Hanoï, deux ont été organisées par l’Ambassade du Danemark et le Goethe Institut, co-financeurs du stage, et une journée de rencontres avec les formateurs et de projection des films a eu lieu à l’Ecole de cinéma de Hanoï. Trois projections ont été organisées à Ho Chi Minh Ville: une à l’Université Hoa Sen où s’est déroulé le stage et les deux autres au Centre culturel américain, également co-financeur du stage.

Au printemps 2017 une projection des films devrait avoir lieu au cinéma La Clef à Paris.

L’Université Hoa Sen souhaite poursuivre le partenariat et envisage une suite avec une master class pour 2017/2018.

 

 

// Les films :

 

la-femme-du-pasteurLa Femme du pasteur (Ba Muc Su) 

de Bella Tran, 22’

Lieu est l’épouse d’un pasteur, ensemble ils ont traversé tous les changements du Sud Vietnam. Outre l’aide qu’elle apporte à son mari dans les offices de leur « église de maison », elle reçoit, écoute et conseille des femmes en détresse, pour qui elle est une véritable mère spirituelle.

 

sous-le-boulevardSous le boulevard (Duoi Dai Lo)

de Nguyen Thi Khanh Ly, 32’ 

Encore hanté par la guerre dont il est sorti mutilé, un vétéran de 60 ans, soldat sous l’ancienne république du Vietnam, vit aujourd’hui sur un vieux bateau amarré à un quai de Saigon, non loin de l’agitation urbaine. Malgré le confort rudimentaire de son habitation et les conditions de vie difficiles, il trouve un havre de paix dans sa vie de famille et espère un avenir meilleur pour sa fille.

 

 

l-ete-au-garde-a-vousL’Eté au garde-à-vous (Mua He! Nghiem)

de Lê Thu Minh, 35’

Fondée à l’initiative de la police et des douanes du port d’Ho Chi Minh Ville, cette école accueille les enfants défavorisés et déscolarisés des environs. An, membre actif de l’Union de la jeunesse communiste, leur fait la classe durant l’été et leur propose des activités. S’il utilise des règles militaires pour faire respecter ordre et discipline, le jeu et l’humour font également partie intégrante de sa méthode d’enseignement.

 

 

les-anges-immortels-2Les anges immortels (Thien Than Bat Tu)

de Nguyen Thu Huong, 25’ 

« Le rock’n’roll est immortel » telle est la devise de cette star du rock et de son groupe, qui ont connu leur âge d’or, sous la présence américaine. Après la réunification, ils sont mobilisés pour faire des concerts de propagande. Après le Doi Moi (l’ouverture en 1986), le groupe renaît. C’est avec la nostalgie de la gloire passée, qu’ils préparent le concert de leurs 20 ans de scène.

 

 

au-dela-2Au delà (Chuyen Ke Rang…)

de Ho Anh Vu, 27’

Au bord du canal Nhieu Loc, il est une pagode où les médicaments et les soins sont donnés gratuitement aux patients. Tous ceux qui y travaillent vouent leur vie à la charité, en silence, chargés de leur histoire personnelle. Parmi eux, Mlle Thanh, la nonne de la pagode, prodigue les soins sans la moindre contrepartie ; M. Thanh, marqué par une vie difficile, décide en vieillissant de ne faire que le bien. A eux tous, ils créent un microcosme de société, un havre de paix en plein coeur de l’agitation urbaine.

 

 

les-saveurs-de-la-nuitLes saveurs de la nuit (Vi Cua Dem)

de Cao Trung Thao, 28’ 

Ce café traditionnel et familial, ouvert 24h sur 24 le long d’une petite ruelle, existe depuis des générations et utilise une méthode peu commune pour préparer le café. Mais ce lieu est avant tout une institution nocturne pour beaucoup de Saïgonnais. Les insomniaques, les sans-abris, les chauffeurs de nuit, les âmes en détresse, les jeunes de retour de soirée, s’y retrouvent et se ressourcent du tumulte sans fin de la ville.

 

s-elever-comme-un-phoenix-2S’élever comme un phénix (Long Lay)

de Le My Cuong, 30’ 

Le jour, Danh, 31 ans, est un ingénieur informatique employé d’entreprise. Mais à la tombée de la nuit, il devient Drag Queen et révèle tout son art et sa passion pour le waacking, cette danse née dans les clubs gays de Los Angeles dans les années 70 et souvent associée à la communauté LGBT.

 

beautiful-beds-1Dans de beaux lits (Giuong xinh)

de Ha Le Diem, 30’

Deux jeunes hommes du Nord du pays émigrent à Ho Chi Minh Ville pour travailler dans un magasin de meubles. Ensemble, ils livrent et assemblent lits et armoires au domicile des clients dans les différents quartiers de la ville. Plus ils assemblent les pièces, plus grand est leur rêve de construire leur propre foyer. Mais avoir une famille, quand on habite sur son lieu de travail, au milieu des meubles à livrer, apparaît comme un projet encore lointain.