« Le clown Chocolat », un film documentaire de Samia Chala et Thierry Leclère – diffusion lundi 8 février sur France 3 Ile-de-France, après le soir 3

Pendant plus d’un siècle, un voile d’oubli a recouvert l’un des plus grands artistes de la Belle Epoque. Comment se fait-il que Rafael Padilla, alias le «Clown Chocolat », célébré  par le Tout-Paris, croqué par Toulouse-Lautrec, filmé par les frères Lumière, repris plus tard par Jean Cocteau et Samuel Beckett, ait été ce point oublié ?

Grâce à ses recherches opiniâtres, l’historien Gérard Noiriel a redonné vie Rafael Padilla , alias « Chocolat » . D’abord grâce à une conférence théâtrale en 2009 (http://www.telerama.fr/idees/clown-chocolat-1-3,41432.php) puis un  premier livre (http://www.babelio.com/livres/Noiriel-Chocolat-clown-negre/356297) et enfin une pièce de théâtre mise en scène par Marcel Bozonnet. C’est ce magnifique travail pour redonner vie à un artiste oublié que Samia Chala et Thierry ont filmé durant un an dans leur documentaire « Le clown Chocolat ».

Quand la fiction de Roshdy Zem, avec Omar Sy et James Thiérrée, sort sur les écrans, le magnifique documentaire de Thierry Leclère et Samia Chala, formée aux Ateliers Varan, en rend un hommage bien plus vibrant, juste et complexe.

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Le clown Chocolat (1)

Synopsis : Au début du XXe siècle, l’une des plus grandes vedettes de la scène parisienne est un artiste noir, aujourd’hui oublié : le clown Chocolat. Le film raconte l’histoire de cet ancien esclave de Cuba qui va fasciner les frères Lumière et inspirer notamment le peintreToulouse-Lautrec. La vie de la première grande figure noire parisienne, au temps des expositions coloniales, est racontée par l’historien Gérard Noiriel et le comédien Marcel Bozonnet.

 

Les contemporains de Footit et Chocolat commentaient ainsi le succès du duo :

«Footit c’est le maitre despote, entêté, d’une intelligence bornée sur certains points mais très bien sur d’autres, mauvais, taquin, lâche avec les grands, autoritaire avec les petits. Chocolat au contraire est le nègre souffre-douleur, qui obéit, infortuné, sans se plaindre mais qui reste paresseux et dont le masque impassible laisse le spectateur indécis de savoir s’il a devant lui une brute achevée et sans cervelle, ou un malheureux très intelligent, qui connaît sa déchéance morale, qui comprend tout, mais ne dit rien parce que… cela ne servirait à rien ! »

(Les mémoires de FOOTIT et CHOCOLAT Recueillis par Franc-Nohain)

 

La réalisatrice, Samia Chala

Samia Chala est née à Alger, en 1964. Après des études d’ingénieur, elle signe ses premiers films, au début des années 2000, explorant le passé colonial et postcolonial de la France, et aussi l’histoire de l’immigration. Elle poursuit ensuite sa quête en s’intéressant à l’histoire politique et culturelle de la France à travers des films comme  « Les marcheurs », chronique des années beurs (59’, JEM, Public Sénat, 2013) ou « Mouss et Hakim, Origines contrôlées » (52’, France O, 2011) sur le patrimoine musical de l’immigration algérienne et sa transmission entre générations.

Elle pousse aujourd’hui sa recherche formelle et esthétique dans des films comme « Le clown Chocolat » (52’, Walter films , France 3, 2013). Dans « Madame la France ma mère et moi » (52’, AMIP, France 3, 2013) , elle est retournée sur les traces de sa mère et de sa tante, en Algérie, revisitant les stéréotypes qui collent à la femme arabe depuis l’histoire coloniale.