sortie en salle le 4 septembre 2013
« Gare du nord » – 2013, 119′
avec Nicole Garcia Reda Kateb François Damiens Monia Chokri.
Paris, Gare du Nord, tout peut y arriver, même des trains. On aimerait y rester, mais il faut se dépêcher…
Comme des milliers de vies qui s’y croisent, Ismaël, Mathilde, Sacha et Joan vont s’y rencontrer. Chaque jour, Ismaël est ébloui, fasciné, épuisé par ce lieu. C’est sur le quai du RER qu’il voit Mathilde pour la première fois. Peu à peu, ils tombent amoureux. Ils croisent Sacha et Joan. Sacha est à la recherche de sa fille disparue, Joan passe sa vie dans cette gare entre Lille, Londres et Paris.
La gare est comme une bulle que tous traversent, français, immigrés, émigrés, voyageurs, fantômes…
C’est un carrefour où chaque vie passe vite et disparait.
Sélection Officielle Festival du film de Locarno 2013

le webdoc

Vivez une expérience web qui vous plonge dans la Gare du Nord et explorez 15 tableaux interactifs. Empruntez les escalators, montez, descendez, bougez comme si vous y étiez. Glissez vous dans la peau d’un voyageur, explorez les différents niveaux de la Gare et découvrez une ambiance différente en fonction de l’heure à laquelle vous vous connectez. Vous pourrez aussi faire le choix de vous arrêter un instant et aller à la rencontre des personnages de la Gare du Nord grâce à des vidéos, photos, textes, illustrations ou sons. La scène digitale est une œuvre à part entière, qui s’intègre dans cet univers et fait le lien entre la fiction et le documentaire en proposant un lieu et des moments où se croisent tous les niveaux d’évocation, tous les moments et personnages, qu’ils soient réels ou fictifs.

Gare-du-nord reproduit l’espace de la Gare comme un scène de théâtre qui plonge sous la terre . On y entre différemment selon l’heure, comme dans la réalité, tout change en fonction du moment de la journée. De là un voyage dans le temps est également possible. Garedunord.net est un patchwork, abolissant toute linéarité, toute unité de style. On en ressort avec une impression d’avoir capté quelques instants, quelques paroles, sortis du bruit infernal de ce lieu monstrueux en ce qu’il est un ogre qui digère les 500 000 vies qui le traversent chaque jour. Plongé dans cette foule, chaque individu devient sourd et aveugle aux autres. Plongé dans le webdoc, on distingue enfin chaque histoire, devenue intelligible.

diaporama 0

Sur le tournage avec…Richard COPANS – producteur, chef-opérateur et membre VARAN : 

« Nous tournons cet après-midi près d’un marchand de chaussures au début de la galerie commerciale du RER, pas loin d’une rangée de tourniquets. Un contrôle de police banal se déroule à proximité. Trois policiers dont une femme noire, et un policier d’origine asiatique tentent de contrôler un homme noir d’une trentaine d’années. Les papiers d’accord. Mais l’homme refuse la palpation « réglementaire ». Il ne veut pas qu’on le touche. Les policiers insistent. L’homme se met à hurler. Le ton monte. Un policier le saisit. Il se débat. Pas des coups. Mais un corps à corps avec hurlements à l’appui. Les flux de voyageurs se figent. Instantanément. C’est impressionnant. Des centaines de personnes font cercle autour de l’incident. Pas des badauds. Ils sont clairement du côté de celui qui se bat contre les policiers. Des jeunes, des familles, des immigrés de toutes les couleurs. Des mères avec enfants. « Laissez le ! » « Arrêtez ! ». La tension est montée. Il y a un parfum d’émeute. Comme une violence contenue qui va exploser. Un contrôle banal qui met à nu les blessures du racisme quotidien, la rage, le sentiment d’humiliation, la haine de la police. Les policiers en panique ont appelé des renforts qui arrivent en courant. Huit hommes brandissent des bombes lacrymos en hurlant « Reculez ! Reculez ! ». Mais leur peur est palpable. Huit hommes en panique. La foule gronde. Les policiers emmènent l’homme arrêté au poste de police. La foule se disperse. »

la conférence de presse au Festival de Locarno